Criminaliser les actions militantes affaiblit la sécurité des centrales nucléaires

Aujourd’hui a été adoptée en séance une proposition de loi UMP visant à sanctionner pénalement les intrusions dans les centrales nucléaire. Seuls les députés écologistes s’y sont opposés. Plutôt que de renforcer les mesures de dissuasion, d’empêcher réellement les intrusions dans ces installations, le choix a été fait de  pénaliser plus durement leurs auteurs.

 

Les députés écologistes se félicitent que l’on sorte du déni en reconnaissant la dangerosité intrinsèque du nucléaire. Ils ont réaffirmé leur souhait que ces centrales soient réellement protégées, en permettant à l’Autorité de sûreté nucléaire de préconiser des renforcements contre les agressions extérieures. Le choix retenu a été, in fine, de ne pas s’attaquer aux racines du problème.

 

Denis Baupin a regretté « qu’en criminalisant les lanceurs d’alerte, en les muselant, on affaiblisse la sécurité. Les véritables terroristes ne seront pas dissuadés par la perspective d’une amende ou d’une peine de prison : c’est donc une loi uniquement destinée à criminaliser les associations, en aucun cas à renforcer la sécurité des centrales ».

 

Pour François de Rugy, co-président du groupe écologiste, « ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on renforce la sécurité des centrales. Ces installations devraient être absolument impénétrables, justement parce qu’elles sont dangereuses ».




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Commentaires : 1
  • #1

    Debacker Patrick (jeudi, 05 février 2015 23:09)

    J’ai écouté avec le plus grand intérêt les débats qui on précédé le vote de la Commission de défense, visant à renforcer des sanctions vis à vis des intrusions sur les sites sensibles que représentent les centrales nucléaires et autres installations civile du nucléaire. Je m’insurge contre les arguments du rapporteur Claude de Ganay et suis scandalisé de l’usage qui est fait de l’union nationale par des intervenants crédules et qui visiblement ne connaissent rien ou si peu aux problèmes que posent le nucléaire. Sous le prétexte d’un risque d’action terroriste (par des intrus étrangers non connus par la DGSE, dans un groupe de militants anti-nucléaires), ce projet de loi ne vise en fait qu’à interdire toute manifestation aux associations militantes. Car (vous l’avez souligné) aucune sanction ne peut évidemment convaincre un terroriste potentiel déterminé à renoncer à l’action qu’il envisage. Comment cette commission de défense nationale peut être si naïve ou fait elle seulement semblant de croire Monsieur Claude de Ganay.
    Claude de Ganay, député UMP du Loiret, Maire de Dampierre en Burly et Directeur de la CLI de Dampierre, membre de la Commission du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire, soutenu dans ce projet par la majorité socialiste.
    Ses arguments : « L’enjeu du renforcement de la réponse pénale est de n’avoir aucun doute quand aux intentions des potentiels intrus. Or, on ne peut raisonnablement penser que les personnes qui s’introduiraient sur les sites en dépit des peines encourues ne seraient pas animées d’intentions pacifiques.
    Un dispositif dissuasif : Une telle évolution de notre régime juridique permettrait de diminuer les risques d’introductions malveillantes et ne priveraient les anti-nucléaires d’aucune liberté publique ni d’aucun droit fondamental (!) constitutionnellement reconnus et protégés. En effet la liberté d’expression et de manifestation peut parfaitement s’exercer à l’extérieur des sites nucléaires (dans un rayon de 5 km, cependant a t’il rappelé précédemment) ; sans pour autant réduire la force ou la porté de leur message. » Le texte est finalement adopté à l’unanimité, seule votre abstention donne un éclairage différent. Je partage pleinement votre prise de position. En effet les militants écologistes (dont je suis) sont des citoyens responsables et les premiers à redouter le risque nucléaire. Au contraire, pour exemple, déjà militant dans les années 80 contre le projet de centrale à Nogent-sur-Seine, nous avons largement donné de notre temps et énergie pour que soit procédé à un point zéro (mesure initiale de la radioactivité des sols, des algues, des vases et des mousses), donné notre argent et collecté pour que les mesures établies par un laboratoire indépendant (la CRIIRAD de Michèle Rivasi). Nous sommes devenus malgré nous, ‘des spécialistes’ et nous sommes toujours effarés de voir combien les journalistes se montrent peu enclins à faire leur métier d’investigation dans le domaine du nucléaire et les hommes politiques pour le moins incompétents, si ce n’est corrompus par le pouvoir des retombées financières qu’apporte une centrale dans leur espace territorial…
    Merci de nous représenter avec toute votre énergie et d’agir pour la liberté d’opinion et d’expression menacée par ce nouveau projet de loi.