CRISE DE L’INDUSTRIE AUTOMOBILE : « Faisons d’une nécessité une opportunité ! »

Conscients que la mobilité des citoyens – tant dans leur vie quotidienne que professionnelle – nécessite la plus grande attention des pouvoirs publics, les députés écologistes interpellent Delphine Batho sur la crise de l’industrie automobile française.

Les leviers d’action existent : le développement des transports collectifs, les circulations douces mais aussi la fabrication de véhicules écologiques. « L’augmentation du prix des carburants, la pollution de l’air et le dérèglement climatique nous imposent d’agir » a ainsi déclaré Denis Baupin devant l’hémicycle.


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Denis Baupin:

 

L’industrie automobile est en crise. Bien qu’écologistes, nous ne nous en  réjouissons pas. Les salariés n’ont pas à payer les choix des constructeurs, qui ont privilégié les bénéfices à court-terme, au lieu d’anticiper les mutations nécessaires.

 

Ces mutations étaient pourtant prévisibles. L’augmentation du prix des carburants est inéluctable. La pression sur le pouvoir d’achat des consommateurs réduit de fait leur droit à la mobilité. Parallèlement la pollution de l’air, le dérèglement climatique nous imposent d’agir.

Mme la ministre, faisons d’une nécessité une opportunité ! Le débat sur l’énergie montre que la mobilité est un secteur stratégique. Cela passe bien sûr par les transports collectifs et les circulations douces. Nos transports, notamment la commission mobilité 21, doivent faire de l’efficacité énergétique une priorité.

 

Mais cela ne suffira pas : des millions de nos concitoyens continueront d’avoir besoin de véhicules motorisés, s’ils sont à des prix d’achat et d’usage accessibles. Il est temps de fabriquer enfin des véhicules écologiques. C’est ma mission à l’OPECST, avec Fabienne Keller.

La négociation européenne en cours sur les émissions des voitures est une opportunité de peser en ce sens. Nous accueillerons en 2015 la conférence climatique. Vous voulez des objectifs ambitieux au-delà du paquet climat-énergie. Le Premier ministre a fixé l’objectif de véhicules à 2l/100.

 

C’est le moment de donner une impulsion forte. La France doit soutenir le Parlement européen  pour un objectif supplémentaire d’émission des voitures à 2025. Cet objectif doit être ambitieux, en ligne avec le Facteur 4, et il faut en finir avec les dérogations.

Développer la voiture sobre c’est bon pour l’environnement. C’est bon pour le portefeuille des consommateurs qui économiseraient 400 euros par an. Et c’est bon pour l’économie et l’emploi car c’est dans cette économie verte que réside la compétitivité chère à nos industriels.

 


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Commentaires : 4
  • #1

    Gérard Formaggio (jeudi, 16 mai 2013 03:31)

    Excellent échange entre Denis Beaupin et Delphine Batho, à l’Assemblée Nationale.
    J’ai mis le lien sur mon blog, SAINT ANTOINE A LA UNE, afin que tous mes amis puissent le lire et l’écouter.
    Gérard Formaggio.

  • #2

    E. Peigné (jeudi, 16 mai 2013 20:03)

    « Une opportunité » ? Je croyais qu’on nous parlerait transports alternatifs et notamment vélo. Eh bien rien ! L’idée c’est : remplaçons des voitures par… des voitures. Et puis si elles polluent moins, or pourra en mettre encore plus ! Génial !

    Il n’y en a pas un qui aurait l’idée que la vraie opportunité serait de diminuer le nombre de véhicules roulant en France, de dégager l’horizon et les trottoirs des villes, de libérer l’espace pour qu’on puisse vivre, de ralentir et pourquoi pas de réapprendre à marcher (pardon je deviens vulgaire…)

    C’est consternant.

  • #3

    Thevenon (vendredi, 17 mai 2013 11:05)

    Le véhicule propre est bien pour la diminution de la pollution atmosphérique mais pas pour l’occupation de l’espace par les infrastructures de transports, car n’oublions pas qu’un véhicule routier individuel est statique à 90% de son temps et qu’il occupe en moyenne 70m² de l’espace public soit la surface d’un logement urbain moyen. Le véhicule propre n’est pas pour demain ni après demain ; quand un scientifique vous dit que dans 15ans, les véhicules seront tous propres,il sait qu’il n’a rien trouvé et qu’il cherche désespérément.
    Alors moins de voitures oui, mais pour qui et où? Ceux qui sont pour le développement du transport en commun ne l’utilisent pas en général car les autres ( dont je fais partie) savent que c’est une vraie galère sauf sur quelques secteurs. La vraie question, c’est l’aménagement du territoire complètement abandonné(habitat, emploi, services regroupés sur l’ensemble du territoire national et non pas sur quelques grandes métropoles en compétition) Le développement des transports collectifs même de ceux du quotidien qui sont des transports de masse par définition, ne peut qu’accentuer le phénomène de concentration urbaine sous forme de mégalopoles.

  • #4

    blanche (mardi, 04 juin 2013 18:54)

    urgence dans ce domaine où le diesel était une priorité de nos constructeur mais sans aucune prise de conscience de la pollution
    provoquée, par contre n’est il pas plus futé de mettre en place les stations de recharge de batterie avant de sortir la Zoé car
    cette dernière ne peut se recharger que chez le particulier avec une installation d’un cout de 750€ et une location de batterie de 80€ par mois; bref pas pour le français smicard soucieux de l’environnement.
    Il semblerait que le pétrole rapporte encore beaucoup d’argent au détriment de la santé publique;
    messieurs les députés, un peu de courage sur la transition énergétique car c’est l’avenir et très créateur d’emplois.