« DANS QUELQUES ANNÉES, LE MARIAGE POUR TOUS FERA CONSENSUS »

« Tout a été dit. Tous les arguments ont été exprimés. L’assemblée est légitime. Il est temps désormais de conclure l’examen de ce texte et de l’adopter.«  

 

Réagissant à une motion de l’UMP visant à rejeter le texte sans examen, François De Rugy, le coprésident du groupe écologiste, revient sur les conditions d’adoption du texte et fait part de sa conviction : le mariage pour tous; lorsqu’il sera adopté, fera très vite consensus »

 

 

>> lire l’intervention


François de Rugy :

 

En écoutant Christian Jacob, président du groupe UMP, j’ai eu le sentiment, en effet, que tout n’était que répétition. Tout a été dit dans ce débat. Il n’y avait aucun argument nouveau. C’est d’ailleurs logique, et je ne vous en fais pas le reproche, chers collègues de l’opposition. C’est un simple constat. Nous pensons, au groupe écologiste, qu’il n’y a pas de raison que le débat s’éternise. Je parle calmement, sereinement, comme l’a fait le rapporteur. Ce débat a été exceptionnellement long. Il est très rare qu’un sujet soit débattu à la fois au moment des élections.

 

Nous pouvons tous en témoigner. Aux élections législatives, une grande partie de la campagne de mon adversaire de l’UMP portait sur ce sujet. Les électrices et les électeurs qui m’ont confié ce beau mandat de député l’ont donc fait en toute connaissance de cause. Nous sommes pleinement légitimes pour voter ce projet de loi. Et je trouve très choquant que des personnes remettent en cause la légitimité de l’Assemblée nationale. Qu’ils ne soient pas d’accord, qu’ils manifestent, c’est leur droit, mais qu’ils remettent en cause la légitimité du Parlement est particulièrement choquant.

 

Le Gouvernement a fait le choix de présenter son texte très en amont du débat parlementaire. Je ne me rappelle même plus si c’était au mois de septembre ou d’octobre que le texte est passé en conseil des ministres. Nous en avons ensuite débattu à l’Assemblée fin janvier. Pouvez-vous citer beaucoup de textes qui ont bénéficié d’un tel laps de temps entre la présentation en conseil des ministres et le débat à l’Assemblée nationale ?

 

À l’Assemblée, nous avons eu un débat exceptionnellement long de 110 heures, deux semaines non stop ! Ce n’est quasiment jamais arrivé. Le texte est ensuite passé au Sénat, et là encore le choix a été de prévoir un laps de temps considérable entre la lecture dans chaque chambre. Tout a été dit sur le sujet. L’expression politique et parlementaire est normale, y compris les motions de procédure et les amendements, mais l’obstruction est inutile : vous avez joué ce jeu-là en première lecture, ce ne sera pas opportun en seconde lecture.

 

Je tiens à dire un mot de l’expression citoyenne, car c’est un point important. L’expression citoyenne est normale. Le droit de manifester, nous l’avons, pour notre part, toujours défendu, mais j’ai le sentiment que, de votre côté, vous en découvrez, sinon l’existence, du moins l’exercice, avec ses avantages et ses inconvénients. Je respecte ce droit, mais les intimidations, les violences, en dehors du fait qu’elles sont inutiles, sont condamnables. J’ai moi-même été victime d’une tentative d’intimidation.

 

Je n’en ai pas fait tout un plat, je n’ai même pas porté plainte car je considère que la police a autre chose à faire que de s’occuper des débordements de quelques manifestants un peu agités. Cependant, quand M. Meslot a posé sa question au Gouvernement, cet après-midi – question légitime : on a le droit de poser les questions qu’on veut –, j’aurais aimé qu’il en profite pour condamner les actes d’intimidation et les violences commis contre notre collègue rapporteur, qui ne peut même plus participer à des débats sur ce sujet !

 

Pas plus que vos interpellations ne feront cesser mon intervention, tous ces débordements, toutes ces intimidations, ces menaces, ces violences ne nous feront dévier de notre route. Nous allons sans doute arriver à son terme cette semaine, et c’est très bien ainsi. Notre conviction n’a pas varié, notre légitimité non plus. La loi doit à présent être votée et, c’est ce qui nous importe, appliquée.

 

Certains, dans ce débat, ont opiniâtrement défendu le mariage et la famille. Eh bien, nous sommes fiers que, grâce au vote, très bientôt, et à l’application, dans quelques semaines ou quelques mois, de cette loi, des personnes pourront se marier et faire reconnaître, par ce statut, la famille qu’elles souhaitent construire. Notre conviction, c’est qu’on ne reviendra pas sur cette loi. J’ai d’ailleurs noté que, dans son intervention, M. Jacob n’a pas parlé d’abrogation de la loi si l’opposition redevenait demain majoritaire.

 

Je le note et je pense que c’est une bonne chose. Nous croyons même qu’il y aura consensus, dans quelques années, sur cette avancée dans l’égalité des droits. Tout comme il y eut des débats très agités sur la pilule, l’avortement, le divorce même, avant cela, et plus récemment sur le PACS, que tout le monde défend aujourd’hui, nous sommes convaincus que tout le monde défendra demain la grande avancée qu’est cette loi sur le mariage pour tous.

 

 


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Commentaires : 3
  • #1

    amc (jeudi, 18 avril 2013 01:41)

    bravo

  • #2

    Mouqueron Martial (jeudi, 18 avril 2013 07:28)

    Tout à fait, pareil pour la peine de mort, aujourd’hui son abolition fait consensus aussi bien à gauche qu’à droite, alors que les débats en 1981 à l’assemblée nationale avaient été d’une violence extrême entre la majorité et l’opposition, sans oublier que l’opinion publique était majoritairement favorable à son maintien à l’époque.
    Bravo à vous pour votre courage et votre déterminations, ainsi que celle du groupe écologiste à faire avancer la société française vers davantage d’égalité et de justice.

  • #3

    Jérôme L. (lundi, 06 mai 2013 11:25)

    Aucun argument nouveau : égalité, égalité, égalité, égalité, égalité… sauf pour les casseurs écolos (c’est ça la république exemplaire du copinage) et sauf pour les enfants qui aimeraient fêter la fête des mères ! Mais ça tout le monde s’en moque !!!!