Pour Danielle Auroi, « la France tient une opportunité concrète pour affirmer à l’échelle européenne la RSE en vrai » 

Il y a dix jours, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre. Le texte impose aux entreprises de tous les secteurs d’établir et de mettre en œuvre un plan de vigilance afin de prévenir les violations des droits humains et les dommages environnementaux, y compris dans les activités de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs.
 » Les débats en séance autour de ce texte ont souligné à maintes reprises l’importance d’aller vers des législations similaires au niveau européen, explique Danielle Auroi, présidente de la commission des affaires européennes de l’Assemblée. Cet effet d’entraînement est nécessaire pour promouvoir la compétitivité des entreprises françaises mais surtout pour faire progresser la protection des droits humains et de l’environnement et  mettre fin à l’impunité de certaines multinationales. »

La France possède aujourd’hui une première opportunité très concrète de faire avancer cela au niveau européen pour le secteur extractif.

En effet, le Conseil et le Parlement européens négocient actuellement un règlement portant sur l’approvisionnement responsable en minerais issus de zones de conflit ou à haut risques. L’objectif de ce texte est d’exiger des entreprises européennes qu’elles exercent un devoir de vigilance sur leurs chaînes d’approvisionnement en minerais afin de s’assurer qu’elles n’alimentent pas la violence et les violations des droits humains et de l’environnement dans de nombreux pays comme la Birmanie, la République démocratique du Congo ou encore la Colombie. « En dépit des enjeux, le texte actuellement en débat n’est malheureusement pas contraignant et demeure limité à une petite centaine d’entreprises importatrices, juge Danielle Auroi. Les utilisatrices finales de ces minerais (producteurs de téléphones portables ou de tablettes notamment) ne sont pas couvertes. »
Les député-e-s écologistes appellent les responsables européens à mettre en œuvre une réglementation obligatoire instaurant un devoir de vigilance pour l’ensemble des entreprises européennes de la chaîne d’approvisionnement.



Écrire commentaire

Commentaires : 0