Eva Sas : députée-mère, un cumul assumé

L’information passe pour un événement insolite, et c’est en soi révélateur : depuis mercredi, Eva Sas, députée de l’Essonne est en congé maternité.

 

« Une situation que ne prévoit en rien le règlement de l’Assemblée nationale, commente-t-elle. Un règlement écrit par des hommes, pour des hommes, qui peine à prendre en compte le pluralisme indispensable de la représentation  nationale ».

 

Car ce n’est pas faute d’avoir essayé de faire modifier la règle, afin d’inscrire dans les textes la possibilité pour les femmes de concilier maternité et responsabilités parlementaires, comme pour les députés-pères de prendre les quelques jours de congé parental auquel peuvent prétendre tous les salariés.

 

« Ce qui me frappe, souligne Eva Sas,  c’est de constater à quel point la question est abordée différemment selon les générations. Mes collègues quadra, au-delà des appartenances politiques,  sont généralement conscients de la nécessité de prévoir des aménagements du règlement »

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Et la députée de l’Essonne de remarquer en souriant que « pour certains, les femmes politiques devraient être « des hommes comme les autres ». Le syndrome Rachida Dati, qui avait repris ses fonctions six jours après son accouchement, est passé par là. Ce n’est pas sain, car c’est nier un moment – la maternité – qui fait partie de la vie d’une femme ».  

 

 « Cette situation est prévue au Pays-Bas, où les députées en congé maternité sont remplacées temporairement par leur suppléant. En France, rien de tel. Ni pour les femmes qui accouchent, ni pour les pères qui accueillent des enfants dans leur famille, comme ce fut le cas il y a quelques années pour mon collègue François de Rugy ou il y a quelques semaines pour Denis Baupin ».

 

« On est amenée à arbitrer entre sa fonction et sa maternité. Partir trop tôt, c’est prendre le risque d’être pointée du doigt comme étant une « mauvaise députée ». Et partir trop tard, c’est culpabiliser et se dire qu’on est une « mauvaise mère » »

 

Prévue pour le 11 novembre, l’arrivée du bébé laissera peu de temps à sa maman pour souffler. « Mais entre la nécessité de demeurer présente sur le terrain en circonscription et le travail sur le budget, texte dont je suis cheffe de file, il était difficile de faire différemment, précise Eva Sas. Je m’accorde deux mois environ pour accueillir cette naissance avant de reprendre mon travail parlementaire. »

 

Rendez-vous fin décembre, donc, avec une députée-mère qu’on espère comblée, à défaut d’être complètement reposée…

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