La Cour des Comptes confirme l’envolée des coûts du nucléaire

La Cour des Comptes a présenté ce matin son rapport sur les coûts du nucléaire, réalisé à la demande de la commission d’enquête portant sur le même objet, mise en place à la demande du groupe Ecologiste à l’Assemblée nationale, et dont Denis Baupin est rapporteur.

Le rapport de la Cour met en évidence une augmentation des coûts de production nucléaire de plus de 20% en 3 ans ! Cette augmentation est largement due à l’accroissement des coûts de maintenance des réacteurs vieillissants. Et la Cour précise que cette augmentation va se poursuivre dans les années à venir. Elle précise aussi que cette augmentation ne prend pas en compte l’EPR de Flamanville, dont elle ne peut préciser le coût de production, mais dont elle indique qu’il sera encore largement supérieur au nucléaire existant !                                                                      >>lire la suite


Parallèlement, la Cour des Comptes confirme les évaluations qui avaient été mis en évidence par la commission d’enquête en ce qui concerne le mur d’investissement auquel doit faire face EDF. Alors que le Grand Carénage est évalué à 55 milliards d’euros par EDF, la Cour des Comptes indique que les investissements à venir se chiffreraient plutôt à 110 milliards en euros courants ! De plus, même si ces investissements sont nécessaires pour atteindre les 40 années de durée de vie des réacteurs, ils ne suffiront pas à garantir leur capacité à être prolongés au-delà de 40 ans. L’Autorité de Sûreté Nucléaire a en effet rappelé à de nombreuses reprises que cette prolongation n’est nullement garantie, et que si elle était autorisée, réacteur par réacteur, elle entrainerait probablement des travaux supplémentaires pour en accroître la sûreté.

 

Pour Denis Baupin « le rapport de la Cour des Comptes montre qu’il n existe pas de rente nucléaire. Au moment où le coût des énergies renouvelables ne cesse de décroître, celui du nucléaire existant est en augmentation régulière. La transition énergétique était déjà une nécessité écologique, elle devient un impératif économique et social pour éviter de voir exploser les factures d’électricité et permettre à la France de ne pas rater le virage énergétique pris par nos voisins.« .

Écrire commentaire

Commentaires : 2
  • #1

    Blaise (mercredi, 28 mai 2014 00:30)

    Avec des coûts du nucléaire qui augmentent en France comme ailleurs, il ne faut pas s’étonner que celui-ci soit en déclin alors que les énergies renouvelables progressent.

    http://energeia.voila.net/energie/renouvelable_nucleaire_fossile.htm

    Dans le détail, ce sont la biomasse, l’éolien et le solaire qui progressent le plus.

  • #2

    Marquès (mardi, 03 juin 2014 00:33)

    La France est l’un des pays Européen dans lequel les émissions de gaz à effet de serre par habitant est le plus faible grâce à ses parcs nucléaire et hydraulique.
    Certes les coûts augmentent (EDF n’a cessé de le dire depuis 2008, les investissements de « grand carénage » étant constatés pour toutes les filières et tous les pays) mais restent inférieurs à ceux des énergies éoliennes et solaires comme le rappelait M Lévy de la Cour des Comptes lors de son audition à l’Assemblee Nationale.
    Enfin, structurer une filière industrielle éolienne ou solaire en France ne pourra pas se faire avant 15-20 ans et il serait préjudiciable pour l’environnement et notre économie de s’en remettre aux énergies fossiles ou aux énergies « propres » produites dans des conditions environnementales et sociales scandaleuses.
    Alors oui au nucléaire!