LE CLIN D’OEIL DE FIN D’ANNEE DES COLLABORATEURS DU GROUPE …C’EST CADEAU


On est entre le fromage et la bûche, les estomacs sont pleins et les esprits cotonneux.

 

C’est le moment que choisit le cousin Alexis pour aborder LA question du moment : le mariage pour tous.

 

« Mariage gay », corrige Tatie Catherine : « les gens normaux eux, ont déja droit au mariage ». Une déclaration qui fait sortir Papy Pierre de ses gonds.

 

Et, alors que votre esprit est un peu embrumé, la discussion s’anime. La cousine Charlotte, le beau-frère Fred commencent à échanger arguments …et préjugés. Même le cousin Eric, qui n’a jamais d’avis sur rien, se mêle de la discussion… Vous tentez de faire le tri dans vos idées, pour ne pas laisser sans réponses des interrogations ou des déclarations qui vous choquent.

 

Pas facile de garder à la fois son calme et ses idées au clair quand votre belle soeur Léa évoque la polygamie qui guette… 

 

Heureusement, la semaine dernière, avec vos soeurs Halima  et Sophie, vous avez anticipé ce débat en famille, et vous vous êtes concoctés un petit argumentaire…

 

Les collaboratrices et collaborateurs du groupe écologiste à l’Assemblée nationale vous souhaitent de bonnes fêtes de fin d’année, et vous livrent, en guise d’étrennes anticipées, ce petit manuel de survie aux discussions autour du sapin !..


C’était l’argument phare au moment des débats sur le PaCS, qui n’a tué ni le mariage, ni la famille. On peut noter qu’aucune destruction de la famille n’a été observée dans les pays qui ont légalisé le mariage homosexuel : Canada, Afrique du Sud, Argentine, Espagne, Pays-Bas, Belgique ainsi que dans une dizaine d’États des USA.

Par ailleurs, la famille a bien changé en un siècle. Familles monoparentales, concubinages, familles recomposées,… cela était inimaginable il y a même 50 ans. La loi doit-elle ignorer les évolutions de la société pour sanctuariser un modèle familial en grande partie fantasmé et minoritaire ?

 

Certains disent même qu’il pourrait ouvrir la voie au divorce, à la reconnaissance des enfants nés hors-mariage, voire au libre choix de leur conjoint par les femmes, sans l’autorisation du père 😉 !

Il y a quelques mois, à l’Assemblée nationale, une députée UMP avait été jusqu’à invoquer la zoophilie ! 

Assimiler le mariage pour tous à la polygamie relève de l’homophobie pure et simple… 

 

Le projet de loi ne prévoit à aucun moment  de « parent A » et de « parent B » qui est une invention de la droite et de l’extrême droite. Il précise que lorsque c’est nécessaire, les mots « père » et « mère » sont remplacés par le mot « parents », et les mots « mari et femme » par le mot « époux ». Le texte change ses formules uniquement quand elles pourraient empêcher un juge d’appliquer un article à un couple de même sexe. Mais les mentions de « père » et « mère » seront maintenues à de nombreux endroits, comme dans l’intégralité du titre 7 du code civil (filiation).

Concernant les fameux « parent A et parent B », ils n’apparaissent pas non plus sur les formulaires administratifs, tels que le certificat de naissance et le livret de famille.

 

Le projet de loi permettra aux couples homosexuels d’élever leurs enfants sans crainte, en disposant de la protection du mariage en cas de séparation ou de décès de l’un des parents, et du droit à l’adoption plénière de l’enfant de leur conjoint. Il existe déjà des milliers de familles homoparentales sans véritable statut légal et qui sont dans la précarité juridique. Qu’advient-il, par exemple, en cas de décès d’un des deux conjoints ?

La stigmatisation des couples homosexuels rejaillit sur leurs enfants, et nuit plus surement à leur équilibre que la reconnaissance de la légitimité de la famille qu’ils forment avec leurs parents.

 

Loin d’être un texte donnant d’un droit à l’enfant, il permet au contraire à donner des droits aux enfants en permettant de résoudre un certain nombre de situation actuelles de « non-droit ».

La loi ne « crée » pas des familles homoparentales, elle les reconnaît.

De 30.000 à 300.000 familles homoparentales existent aujourd’hui, comme existent les familles monoparentales, les familles recomposées ou les concubinages. 

 

Les deux choses sont totalement différentes. La Procréation Médicalement Assistée est aujourd’hui, en France, réservée aux seuls couples hétérosexuels, infertiles ou souffrant d’une maladie génétique.

Elle permet à une femme de se faire inséminer.

Il s’agirait de donner accès à la PMA aux couples de lesbiennes qui souhaitent avoir un enfant, et qui aujourd’hui sont contraintes de se rendre en Belgique où la PMA est plus largement autorisée.

La PMA n’est pour l’instant pas prévue dans le projet de loi présenté par le gouvernement mais elle pourrait être introduite par le Parlement. Les écologistes soutiennent le droit des homosexuelles à la PMA, au titre de l’égalité des droits.

La GPA, (Gestation Pour Autrui), qui suppose que des femmes portent un enfant en vue d’adoption par une autre femme, n’est pas prévue par ce texte. Elle est strictement interdite en France, que ce soit pour les couples hétérosexuels ou homosexuels. Aucun groupe parlementaire n’a envisagé de l’introduire dans le texte de loi.

 

 

Il y a donc aussi plus urgent que de s’y opposer.

La droite affirme vouloir ralentir l’étude de ce texte : ce n’est qu’une tactique, car les députés UMP sont quasi absents en commission depuis plusieurs semaines : c’est pourtant là que le texte est travaillé et les différents points de vue entendus par les parlementaires.

L’opposition a annoncé qu’elle proposerait des milliers d’amendements d’obstruction… alors qu’en effet, le parlement a un programme de travail très chargé…

 

La France est un pays laïc, ce qui suppose que les religions ne peuvent interférer dans la loi de la République, qui fixe les modalités du mariage civil. Ce n’est pas aux religions, qui sont toutes opposées au mariage pour tous, de définir qui doit pouvoir se marier dans les mairies. Elles sont libres de décider pour les mariages religieux.

 

 

L’objectif du mariage civil n’est pas de faire des enfants. Il est de créer des droits et des devoirs aux membres d’une famille.

 

Si le mariage était destiné à la procréation, le mariage des personnes âgées ou infertiles serait interdit. 

 

La majorité des couples hétérosexuels vit aujourd’hui hors mariage. Il ne s’agit pas d’imposer un modèle à qui que ce soit, mais de laisser le choix à ceux et celles qui le souhaitent de se marier, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels.

En Belgique et en Espagne les couples de même sexe représentent 2 à 5% des mariages.

 

 

 Le mariage est déjà une union civile. Créer un autre type de mariage uniquement pour les homosexuels serait clairement une discrimination.

De même, le droit à l’adoption n’étant qu’une conséquence du droit au mariage, imaginer un mariage sans adoption, serait contraire au principe d’égalité devant la loi.

 

Il a surtout besoin de parents aimants. La tendance générale des 700 articles scientifiques consacrés à cette question depuis 40 ans « est qu’il n’y a pas de différences massives entre les enfants élevés dans des familles homoparentales et les autres ».

Si un enfant a besoin d’altérité pour se construire, deux parents, fussent-ils du même sexe, ne sont pas identiques. Par ailleurs, un enfant n’est pas entouré de ses seuls parents, mais prend également pour modèle ses grands-parents, oncles et tantes, professeurs, …

En appeler au modèle de père et mère comme seule garantie d’une éducation équilibrée stigmatise surtout les familles monoparentales et notamment les milliers de femmes qui élèvent seules leurs enfants. 

 

 

 

C’est tout le contraire : un tiers des enfants français « adoptables » n’est pas adopté, faute d’avoir pu trouver de famille appropriée. Par ailleurs, 80% des adoptions se font à l’étranger et différents pays autorisent les homosexuels à adopter (Mexique, Afrique-du-Sud, certains Etats des USA et du Brésil).

 

 

Les sondages montrent le contraire. Selon un sondage IFOP  d’août, 65% des Français sont favorables à l’union entre personnes du même sexe et 53% à l’adoption.

De plus, cette proposition était dans le programme de François Hollande, comme dans celui des écologistes.

Ne comptez pas sur nous pour reprocher à ce gouvernement de tenir ses engagements…

 


Contrôle des naissances, accès à la contraception, interruption volontaire de grossesse, procréation médicalement assistée sont autant d’étapes dans l’émancipation des individus.

 

A chacune de ces étapes, on a entendu les mêmes arguments selon lesquels la législation s’apprêtait à remettre en cause des lois naturelles. C’est un argument aussi absurde que celui qui imposerait de cesser de se soigner au prétexte que la maladie serait « naturelle ».

 

Etre écologiste, c’est vouloir certes préserver les ressources naturelles.

 

Mais c’est dans le même temps promouvoir une société de libertés, où les individus sont respectés dans leurs identités et dans leurs choix de vie.

 

 

 

pour aller plus loin…

Le dossier législatif sur le site de l’Assemblée nationale

La vidéo du débat Médiapart avec Sergio Coronado

La tribune de Cécile Duflot parue dans Libération


LE CLIN D’OEIL DE FIN D’ANNEE DES COLLABORATEURS DU GROUPE …C’EST CADEAU !

Dans quelques semaines, le groupe écologiste disposera d’un site internet complet et intégré, qui assurera une information complète sur les initiatives, prises de position et contributions des député-e-s écologistes au travail législatif.


En attendant, nous vous proposons ce « fil vert », qui vous permet déjà de suivre au jour le jour le travail de nos écolodéputé-e-s.