NOËL MAMÈRE : « RENDRE HOMMAGE À AIMÉ CÉSAIRE AUTREMENT QUE PAR LES MOTS »

A l’occasion du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire, l’Assemblée nationale a examiné la proposition de résolution visant à valoriser le pluralisme culturel, condition universelle de l’émancipation de l’homme. Un hommage appuyé à « l’homme de lettre » et « l’homme d’action » qu’il a été durant sa vie lui a également été rendu. Dans cet esprit, Noël Mamère a rappelé devant l’hémicycle notre devoir de mémoire face aux ravages causés par la prédation de la colonisation. A cette fin, instituer une fondation ou un musée pour la mémoire du colonialisme et de l’esclavage serait bien opportun. 


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Noël Mamère :


Je m’inscrirai dans le prolongement de ce que vient de dire notre collègue Serge Letchimy. Pour conférer un sens plus politique, un sens plus concret, à cette résolution, peut-être la gauche s’honorerait-elle, pour rendre hommage à Aimé Césaire autrement que par les mots, à instituer, par exemple, une fondation, un musée pour la mémoire du colonialisme et de l’esclavage ? Nous ne sommes pas les seuls à le réclamer : un certain nombre d’intellectuels qui s’intéressent à ces questions nous disent aujourd’hui que cela manque au plus haut point.

Rappelons qu’un certain nombre d’œuvres, volées en Afrique, en Asie et dans le Pacifique, dans des territoires que nous avons colonisés, se trouvent aujourd’hui dans nos musées et sont la preuve de la prédation de la colonisation et de la tentative d’effacement de cultures que nous avons voulu lâchement nous approprier.

Enfin, il me semble que nous nous honorerions à reconnaître le massacre du 26 mai 1967 en Guadeloupe, au cours duquel 87 ouvriers du bâtiment en grève ont été assassinés.


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