Les écologistes comptent sur le débat parlementaire pour enrichir et compléter le projet de loi de Santé 

«  Le projet de loi santé présenté par le gouvernement va dans le bon sens, estime Jean-Louis Roumégas, chef de file des députés écologistes sur le texte, dont l’examen en commission  débute demain mercredi . Nous partageons les objectifs affichés par la ministre, notamment ceux d’une facilitation de la santé au quotidien – nous soutenons la ministre sur la généralisation du tiers-payant, et dans la volonté d’innover pour consolider l’excellence de notre système de santé.

Toutefois, nous considérons que le texte demeure largement améliorable : il nous faut apporter des réponses  à la hauteur des enjeux de santé publique actuels. La volonté affichée d’une politique de prévention est à saluer, mais elle n’est pas efficace car parcellaire. Nous voulons fortement l’enrichir pour répondre à la crise sanitaire.

Lors de la discussion, les écologistes porteront des propositions de mesures concrètes en matière de santé-environnementale, d’accès aux soins et de lutte contre les lobbies industriels. »


Prendre en compte pleinement les liens entre santé et environnement


Les écologistes partagent le constat fait par l’OMS d’une épidémie de maladies chroniques. Sur ce point, force est de constater que le projet de loi demeure  parcellaire. Les progrès du dépistage ou le vieillissement de la population ne suffisent pas à expliquer le boom de maladies chroniques : le nombre de personnes de plus de 60 ans est passé de 21,1% en 2003 à 23,1% en 2011 ; le nombre de maladies chroniques a progressé 4 à 5 fois plus vite pour la même période. Si l’espérance de vie augmente, l’espérance de vie en bonne santé diminue. C’est bien l’espérance de vie des générations futures qui est aujourd’hui menacée.


Par ailleurs, la réduction des maladies chroniques est un enjeu financier pour notre système de santé : si le taux de maladies chroniques en France était le même qu’il y a quinze ans, le déficit  de l’assurance maladie serait résorbé. Une étude parue en mars 2015 dans Scientifique Journal of clinical endocrinology and metabolism indique que les Perturbateurs endocriniens coûtent 157 milliards d’euros pan an à l’UE(1,2% PIB) Le rapport HEAL juin 2014 révèle que le coût annuel des troubles hormonaux-dépendants dans l’UE est de  636 milliards d’euros,  82 milliards d’euros en France.


Notre environnement – combiné aux modes de vie – est largement en cause dans le développement des maladies chroniques, dont les causes sont connues: sédentarité, alimentation, alcool et tabac mais également exposition aux pollutions chimiques (pesticides, perturbateurs endocriniens, CMR, COV, PM, Nanos, métaux lourds etc.).

 

Parmi les amendements écologistes :

  • Afficher un objectif de -25% de maladies chroniques en moins à l’horizon 2030 = niveau actuel du Japon.
  • Interdire le bisphénol A dans les jouets / les phtalates dans les pyjamas pour enfants.
  • Etiquetage pour mieux informer les consommateurs sur les toxiques (Perturbateurs endocriniens, Polluants volatils, Nanos, Additifs alimentaires, Particules fines)
  • Garantir l’accès à des vaccins de base sans aluminium

 

Favoriser l’accès de tous au soin


En septembre 2014, la sénatrice écologiste Aline Archimbaud rendait publiques les conclusions de ce travail : « Accès aux soins des plus démunis : 40 propositions pour un choc de solidarité ».Les 240 auditions, menées sous tout le territoire auprès de professionnels de santé, associatifs, travailleurs sociaux, responsables de l’assurance maladie et des mutuelles, élus et chercheurs ont amené à dresser un constat sévère : il y a urgence, car les inégalités dans l’accès aux soins et à la santé se sont terriblement aggravées.


L’un des enjeux de la loi Santé publique sera de renforcer cet accès égal aux soins pour tous, et notamment pour les populations les plus fragiles.


Parmi les amendements écologistes :

  • Reconnaître et prendre en charge les patients qui souffrent de maladies environnementales (Hyper-électrosensibilité ou sensibilité chimique)
  • Lutter contre les discriminations (Don du sang pour les personnes homosexuelles, Soins funéraires pour les défunts séropositifs…)
  • Autoriser le cannabis thérapeutique

 

Désintoxiquer la politique de santé des lobbies industriels


La santé publique est le fruit de la collaboration de nombreux acteurs : elle représente également un secteur économique en tant que tel et demande à gagner en transparence et en respect de principes démocratiques.


Parmi les amendements écologistes :

  • Etendre l’action de groupe à la Santé-Environnement
  • Gérer le risque environnemental des médicaments
  • Adopter les recommandations du groupe de travail sur l’ingérence de l’industrie du tabac (gouvernance, taxe pour abonder un fonds de prévention) 



Écrire commentaire

Commentaires : 1
  • #1

    jean-marc bureau (mardi, 31 mars 2015 08:44)

    Au cours de la discussion de la loi santé, un député socialiste doit déposer un amendement qui tendrait à autoriser les médecins à prélever des organes sans passer par l’autorisation des proches sur toute personne qui ne s’est pas inscrite sur le régistre des refus.
    Je suis opposé à cette disposition, pour une raison d’éthique. Il faudrait au contraire inciter les gens à s’inscrire sur le registre des donneurs.