PPL Fin de vie : 3 questions à Véronique Massonneau

Concrètement, que changerait l’adoption de votre proposition de loi ?


La vie des gens, tout simplement. Car il s’agit de leur proposer un nouveau droit qui a pour corrolaire de protéger également ceux qui le refusent. Un droit qui concerne tout le monde par définition puisque nous seront tous confrontés un jour à notre fin de vie.

 

Aujourd’hui, le médecin peut décider à votre place de prolonger votre fin de vie, même si vous attendez la mort comme une délivrance. Aujourd’hui, certains médecins décident aussi d’abréger la fin de vie de certaines personnes, peut être contre leur gré. Ces cas se retrouvent régulièrement sur la place publique, traités par les tribunaux.


Cette proposition de loi permettra à chacun d’affronter plus sereinement cette épreuve, en étant assuré que ses propres choix seront respectés. Autant ceux qui ne veulent pas prolonger une agonie en fin de vie, que ceux qui souhaitent vivre ce moment jusqu’au bout. Les médecins seront aussi protégés, les proches apaisés de savoir les choix de l’être qui leur est cher respectés.

 

Où en êtes-vous de la préparation de son examen (auditions, travail en commission, mobilisations citoyennes…)


J’ai mené une dizaine d’auditions au cours du mois de décembre, des associations, des professionnels de santé, des sociologues et des chercheurs en bioéthique. Un travail passionnant et dense qui aiguise nos convictions et parfois même bouscule nos certitudes. Un travail indispensable et central pour arriver à rédiger un bon texte de loi. Le texte qui sera débattu le 21 janvier prochain en commission et le 29 dans l’hémicycle est prêt, et soutenu par de nombreux citoyens qui me transmettent régulièrement leurs messages d’encouragements. Ces soutiens sont indispensables pour moi : savoir que des gens sont derrière moi et que je mène ce combat pour eux est déterminant et me donne le courage nécessaire pour aller au bout.

 

Qu’attendez-vous du débat parlementaire à venir ?


Le débat autour de ma proposition intervient dans un contexte un peu particulier car le président de la République a demandé à l’Assemblée d’organiser un débat sans vote sur le même sujet le 21 janvier, le même jour que l’examen de mon texte en commission.


Si mes collègues Claeys et Leonetti, dans le cadre de la mission que leur a confiée François Hollande, formulent des préconisations d’évolution de la loi qui améliorent la situation actuelle, ils persistent à ne pas répondre à l’attente de celles et ceux qui veulent choisir le moment et la manière de mettre fin à leur agonie, puisqu’ils refusent d’envisager ne serait-ce que l’hypothèse de la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté. Ma proposition de loi vise à poser toutes les questions, et à y proposer des réponses. 


J’attends donc de tous ces débats un véritable respect des convictions de chacun de mes collègues parlementaires, que notre Assemblée puisse légiférer en conscience sur ce sujet lourd, loin des querelles partisanes et postures politiciennes.



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Commentaires : 1
  • #1

    Foucras (samedi, 24 janvier 2015 12:19)

    Personne n’a le droit de se substituer à la volonté du malade, ni la famille, ni le corps médical. Chère Véronique Massonneau, défendez le respect que nous devons tous à celui ou celle qui est en agonie ou proche de l’agonie. Nous devons l’aider. C’est simplement humain. Ceux qui invoquent la religion ou un serment d’Hippocrate mal compris manquent à la plus élémentaire solidarité. Faites lire aux premiers le livre de Corinne Van Oost « Médecin catholique, pourquoi je pratique l’euthanasie ».