Première partie de la loi de finances : les écologistes s’abstiennent

La partie recettes du projet de budget 2015, après son examen en première lecture à l’Assemblée nationale, indique que le gouvernement entend malheureusement persister dans une politique qui ne porte pas ses fruits.

Pour les écologistes, la concomitance des politiques de consolidation budgétaire menées partout en Europe alimente la spirale de la crise  bien plus qu’elle ne contribue à en sortir : en 2014, les prévisions de croissance en France ont dû être révisées de 0,9 % à 0,4 % et le chômage a augmenté de 5,2 % en un an, soit 170 000 demandeurs d’emploi de plus qu’au mois d’août 2013.

 

Les écologistes ne peuvent que regretter que, malgré les propositions alternatives faites notamment pour mieux cibler les aides aux entreprises et éviter les effets d’aubaine, malgré la qualité des échanges et du travail parlementaire qui a prévalu au sein de la majorité, le Parlement, lorsqu’il a proposé des inflexions crédibles, se soit vu opposer si souvent la réserve des votes.

 

Certes, le budget comporte des éléments positifs, notamment la mesure de bas de barème sur l’impôt sur le revenu qui va dans le bon sens : elle bénéficiera à des ménages aux revenus modestes, pour un montant de 3,2 milliards d’euros.

 

Le budget de l’Education augmentera de 1,5 milliards d’euros et permettra la création de 10550 postes conformément aux engagements de notre majorité.

 

Certes, ce budget prévoit des mesures d’économies utiles : ces économies permettront une meilleure gestion des deniers publics, et ce malgré la démagogie de la droite qui propose 130 milliards de coupes dans les dépenses publiques tout en adoptant une posture d’opposition systématique, dès que la moindre mesure d’économie est proposée.

 

Ainsi, le budget de la défense baissera d’1,5 milliards avec la suppression de 7500 postes (ce qui amène à 54000 postes supprimés depuis 2008), ce qui apporte la démonstration que des choix budgétaires plus marqués sont possibles.

 

Mais force est de constater que cette première lecture à l’Assemblée n’a pas permis de rétablir des équilibres essentiels aux yeux des écologistes : des coupes budgétaires affectent des budgets et des politiques publiques essentiels à la cohésion de notre société. Ce sera notamment le cas des dotations d’investissement aux collectivités territoriales, qui sont réduites  de 9 % soit 3,5 mds euros.

 

Le budget de l’écologie ressort également en baisse de 6 %, soit 481 millions d’euros de coupes budgétaires. L’augmentation concommitante du budget de l’Agence Française des Infrastructures de transports permet une simple stabilisation des moyens, là où les priorités devraient imposer des investissements d’avenir significatifs. Il s’agit là  notamment des conséquences financières d’une gestion chaotique du dossier de la taxe Poids Lourds qui a amené à son abandon, chaos dont les responsabilités sont partagées à droite comme à gauche.

 

Si la suppression (pour 4 centimes par litre de Gasoil) de l’exonération fiscale des entreprises de transports est une bonne chose, les écologistes ne peuvent que regretter que la proposition de baisser de 2 centimes la taxation de l’essence pour les particuliers n’ait pas été retenue : nous avions là l’occasion  de démontrer que la fiscalité écologique n’est pas punitive, mais bien incitative, et qu’à des hausses sur des comportements néfastes pour l’environnement peuvent correspondre des incitations à des comportements plus vertueux.

 

Sans changement de cap dans la politique économique menée, et parce que l’écologie ne figure pas parmi les priorités budgétaires, le groupe écologiste s’est très majoritairement abstenu sur le texte.



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