Laurence Abeille : « Pour que la ville soit vivable, elle doit prendre en compte la nature »

Est-ce qu’il n’y a pas une contradiction entre la volonté de protéger la nature et la qualité de la vie – qui est une des raisons d’être des écologistes – et l’objectif nécessaire de construire de nouveaux logements ?

C’est une objection qu’on entend souvent, et elle est légitime : chacun a en tête des opérations d’urbanisme mal maîtrisées, qui dégradent durablement l’environnement. Et, dans le même temps, on voit souvent des zones qui pourraient accueillir des constructions de logements et d’équipements demeurer inexploitées, alors que les besoins, surtout en zone dense, sont très importants. La force de ce texte c’est tout à la fois de renforcer les outils au service des politiques foncières des collectivités, de concevoir les décisions d’urbanisme à l’échelle des intercommunalités et donc des bassins de vie et – dans le même temps – d’inscrire les espaces verts dans les documents d’urbanisme au même titre que les équipements publics ou le logement. Il s’agit de prendre en compte des enjeux de biodiversité et donc de la qualité de vie dans les documents d’urbanisme ! >>lire la suite


C’est donc un texte écolo ?

Dans sa philosophie de départ, oui, et il est améliorable encore. Nous avons déjà enregistré des avancées, qui sont le fruit du travail des écologistes en commission. Ainsi, il sera désormais possible de prévoir des dérogations aux règles d’urbanisme pour faciliter l’isolation thermique des bâtiments par l’extérieur.

Nous espérons que l’examen en séance permettra d’avancer encore, notamment en incitant  aux toitures végétalisées qui permettent de lutter contre les îlots de chaleur et favorisent la biodiversité. Nous souhaitons aussi introduire un dispositif appelé « coefficient de biotope par surface », terme un peu compliqué pour un outil réglementaire qui favorise à la fois la construction durable et la nature en ville.

Cette loi doit permettre de créer ou recréer du bien être pour la population, je pense par exemple aux jardins partagés qui sont des lieux d’échanges essentiels en zone urbaine.

 

Dernier point : tu es élue d’ile de France, et avec Denis Baupin, vous porterez un amendement sur les ventes à la découpe…

Oui. Vendre à la découpe, cela consiste à acheter un bâtiment et à le remembrer pour procéder à une revente par appartements ou par lots, souvent après travaux. C’est souvent un terrible facteur de spéculation, qui s’accompagne même de pratiques indignes pour faciliter le départ des occupants d’origine. C’est une question qui gangrène le marché immobilier et la vie des gens, notamment en île de France, et par exemple dans ma circonscription. On ne peut pas en rester à la situation actuelle : il faut des règles qui protègent et de la prédation et de la spéculation. J’ai déjà obtenu des avancées en commission sur le renouvellement des baux, mais c’est insuffisant, j’espère que le débat en séance permettra d’aller plus loin.

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