« LA TRAÇABILITÉ ALIMENTAIRE EST UNE CONDITION NÉCESSAIRE MAIS NON SUFFISANTE POUR GARANTIR LA SÉCURITÉ SANITAIRE DES PRODUITS »

La traçabilité est nécessaire afin de connaître les étapes de la production d’un bien, afin que chaque acteur soit responsable de ses pratiques et que l’État puisse remonter la filière rapidement à la suite d’un incident. Dans la nouvelle période de scandale que nous sommes en train de vivre, qui mélange à la fois manque de transparence avec l’affaire de la viande de cheval et risque sanitaire avec l’autorisation des farines animales, la question centrale est de savoir comment garantir la sécurité et la « confiance alimentaire ».

 

Les consommateurs ont des attentes légitimes quant aux produits qui leur sont vendus. Ils font confiance aux autorités sanitaires et à la loi : quand on leur propose des lasagnes au bœuf, ils ne s’attendent pas à ce qu’il y ait du cheval ; quand on leur propose des légumes, ils ne s’attendent pas à ingurgiter des doses inimaginables de pesticides ; quand on leur propose des nuggets, ils ne s’attendent pas à ce qu’ils soient constitués de peaux et d’abats de poulet ; quand on leur propose du saumon, ils ne s’attendent pas à ce qu’ils soient nourris aux farines de porc, bourrés d’antibiotiques et colorés pour avoir un aspect plus attrayant.

 

Alors, soyons raisonnables, relocalisons la chaîne alimentaire. Nous avons énormément à gagner, d’un point de vue environnemental, économique et social, à produire, transformer et consommer en France. Soyons raisonnables, et arrêtons de courir après des chimères d’une industrie agroalimentaire française qui nourrirait la planète à bas coûts. Soyons raisonnables, ne laissons pas les maîtres de la distribution dicter leur loi du moins-disant, asservissant producteurs et transformateurs à des pratiques sans éthique.

« Il y a un minimum de critères de production à respecter, de relations commerciales à assainir et d’information à apporter. Une éthique des produits, des pratiques et des espèces animales et humaine doivent être réinstaurées : on ne nourrit pas des vaches avec des vaches ; on n’alimentera pas des humains avec des sous-produits. »

Brigitte Allain

Députée de Dordogne


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