RECONSTRUCTION DU COMMISSARIAT DE BERGERAC

Permettre un accueil respectueux et confidentiel des personnes et garantir de bonnes conditions de travail aux agents de police : par la voix de Brigitte Allain, députée de Dordogne, le groupe écologiste attire l’attention de Manuel Valls.

 

 

 

Brigitte Allain :

Monsieur le ministre de l’intérieur, les fonctionnaires de police exercent sur tout le territoire des missions de service public de la plus haute importance. Ils assurent la sécurité des citoyens, doivent être à l’écoute des victimes, réalisent des actions de prévention. Ils sont en lien direct avec la population et représentent ainsi un service de proximité incontournable.


Par ma question, je souhaite vous alerter sur la situation invraisemblable et particulière du commissariat de police de Bergerac. Cet établissement, que j’ai visité il y a quelques semaines, est dans un état général d’insalubrité et d’insécurité. Le plafond d’un des bâtiments s’est effondré, et voilà plusieurs mois qu’il est maintenu avec des étais.

Les cellules de garde à vue sont indignes d’un accueil respectueux des personnes. Il n’y a pas les espaces de discrétion nécessaires au travail des médecins et des avocats et à l’accueil confidentiel des victimes. Celles-ci sont trop souvent confrontées à leur agresseur, d’autant que la majorité des plaintes sont d’ordre familial et/ou privé : femmes battues, harcèlement sexuel. Cette semaine, nous manifestons contre les violences faites aux femmes. Mais comment déposer plainte dans un tel cadre, lorsque la confidentialité ne peut même pas être assurée ?
La révision générale des politiques publiques a conduit à une très forte réorganisation et à une baisse des effectifs, mais elle ne doit pas être synonyme de dégradation des services publics. Quel respect témoigne-t-on aux policiers qui travaillent dans de telles conditions ?

 

Un site pour un nouveau commissariat a été acquis par le ministère de l’intérieur. Les plans en sont même arrêtés. Un grand projet de lycée des métiers de la région Aquitaine va enfin voir le jour à Bergerac, sur le site de l’ancienne caserne, donc tout autour de ce commissariat d’un autre siècle. Monsieur le ministre, quelle est la pertinence d’engager des travaux de réfection d’un établissement désuet, alors que l’urgence d’un bâtiment neuf et du déménagement du commissariat vers un lieu plus approprié est ressentie par tous nos concitoyens ?

 

>> lire la réponse du ministre


Manuel Valls, ministre de l’intérieur :

Madame la députée,

Je vous répondrai le plus franchement possible. M’extrayant de mes notes, je veux vous dire que je comprends votre désarroi face à l’état de ce commissariat, indigne du travail des fonctionnaires de police et de l’attente des citoyens. Je comprends surtout votre exigence. Le coût total d’un nouveau commissariat, travaux et mobilier compris, a été estimé à environ 3,7 millions d’euros. Il est vrai que, vu les difficultés budgétaires que nous connaissons, nous avons décidé d’inscrire 140 000 euros afin de procéder, pour des raisons évidentes, à différents travaux début 2013.


Je vous propose que nous nous retrouvions très vite pour essayer de répondre aux besoins des habitants de Bergerac, d’améliorer les conditions de travail des fonctionnaires de police et de faire en sorte que les projets attachés à ce site – qu’il s’agisse du lycée et de son gymnase, projets menés par la région, ou du commissariat – puissent trouver un débouché.
Je veux attirer votre attention sur le fait que nous ne pouvons pas à la fois dire qu’il faut préserver nos finances publiques, trouver des économies et répondre à l’ensemble des demandes. Mais je vous propose que nous nous retrouvions vite au ministère de l’intérieur pour essayer d’avancer sur ce dossier.

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